„Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde.“ / ‚des espace autres‘ par michel foucault

L’hétérotopie a le pouvoir de juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles. C’est ainsi que le théâtre fait succéder sur le rectangle de la scène toute une série de lieux qui sont étrangers les uns aux autres ; c’est ainsi que le cinéma est une très curieuse salle rectangulaire, au fond de laquelle, sur un écran à deux dimensions, on voit se projeter un espace à trois dimensions ; mais peut-être que l’exemple le plus ancien de ces hétérotopies, en forme d’emplacements contradictoires, est le jardin. Il ne faut pas oublier que le jardin, étonnante création maintenant millénaire, avait en Orient des significations très profondes et comme superposées. Le jardin traditionnel des Persans était un espace sacré qui devait réunir à l’intérieur de son rectangle quatre parties représentant les quatre parties du monde, avec un espace plus sacré encore que les autres, qui était comme l’ombilic, le nombril du monde en son milieu (c’est là qu’étaient la vasque et le jet d’eau) ; et toute la végétation du jardin devait se répartir dans cet espace, dans cette sorte de microcosme. Quant aux tapis, ils étaient à l’origine des reproductions de jardins : le jardin, c’est un tapis où le monde tout entier vient accomplir sa perfection symbolique, et le tapis, c’est une sorte de jardin mobile à travers l’espace. Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. Le jardin c’est, depuis le fond de l’antiquité, une sorte d’hétérotopie heureuse et universalisante (de là nos jardins zoologiques).

michel foucault, ‚des espace autres‘, conférence au cercle d’études architecturale, 1967

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‚the garden‘ von den einstürzenden neubauten

You will find me if you want me in the garden

unless it’s pouring down with rain


You will find me waiting waiting for the fall

You will find me waiting for the apples to ripen

You will find me waiting for them to fall

You will find me by the banks of all four rivers

You will find me at the spring of conciousness

You will find me if you want me in the garden

unless it’s pouring down with rain

Vnd Gott der HERR pflantzet einen Garten in Eden / gegen dem morgen / vnd setzet den Menschen drein / den er gemacht hatte. Vnd Gott der HERR lies auffwachsen aus der Erden allerley Bewme / lüstig an zusehen / vnd gut zu essen / Vnd den Bawm des Lebens mitten im Garten / vnd den Bawm des Erkentnis gutes vnd böses.

Vnd es gieng aus von Eden ein Strom zu wessern den Garten / vnd teilet sich da selbs in vier Heubtwasser. Das erst heisst Pison / das fleusset vmb das gantze Land Heuila / Vnd daselbs findet man gold / vnd das gold des Lands ist köstlich / vnd da findet man Bedellion vnd den eddelstein Onix. Das ander wasser heisst Gihon / das fleusst vmb das gantze Morenland. Das dritte wasser heisst Hidekel / das fleusst fur Assyrien. Das vierde wasser ist der Phrath.

Vnd Gott der HERR nam den Menschen vnd satzt jn in den garten Eden / das er jn bawet vnd bewaret.

1 buch mose, genesis 2, 8-15. übersetzung von martin luther, 1545