„raus aus dem garten!“

mit anke schmitz (garten auf freigang) in der ausstellung ‚thomas gainsborough. die moderne landschaft‘ in der hamburger kunsthalle:

gruenesblut.net

 

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„Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde.“ / ‚des espace autres‘ par michel foucault

L’hétérotopie a le pouvoir de juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles. C’est ainsi que le théâtre fait succéder sur le rectangle de la scène toute une série de lieux qui sont étrangers les uns aux autres ; c’est ainsi que le cinéma est une très curieuse salle rectangulaire, au fond de laquelle, sur un écran à deux dimensions, on voit se projeter un espace à trois dimensions ; mais peut-être que l’exemple le plus ancien de ces hétérotopies, en forme d’emplacements contradictoires, est le jardin. Il ne faut pas oublier que le jardin, étonnante création maintenant millénaire, avait en Orient des significations très profondes et comme superposées. Le jardin traditionnel des Persans était un espace sacré qui devait réunir à l’intérieur de son rectangle quatre parties représentant les quatre parties du monde, avec un espace plus sacré encore que les autres, qui était comme l’ombilic, le nombril du monde en son milieu (c’est là qu’étaient la vasque et le jet d’eau) ; et toute la végétation du jardin devait se répartir dans cet espace, dans cette sorte de microcosme. Quant aux tapis, ils étaient à l’origine des reproductions de jardins : le jardin, c’est un tapis où le monde tout entier vient accomplir sa perfection symbolique, et le tapis, c’est une sorte de jardin mobile à travers l’espace. Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. Le jardin c’est, depuis le fond de l’antiquité, une sorte d’hétérotopie heureuse et universalisante (de là nos jardins zoologiques).

michel foucault, ‚des espace autres‘, conférence au cercle d’études architecturale, 1967