bloomsday: „He went out through the backdoor into the garden: […]“ / ‚ulysses‘ von james joyce

[…]
He went out through the backdoor into the garden: stood to listen towards the next garden. No sound. Perhaps hanging clothes out to dry. The maid was in the garden. Fine morning.
He bent down to regard a lean file of spearmint growing by the wall. Make a summerhouse here. Scarlet runners. Virginia creepers. Want to manure the whole place over, scabby soil. A coat of liver of sulphur. All soil like that without dung. Household slops. Loam, what is this that is? The hens in the next garden: their droppings are very good top dressing. Best of all though are the cattle, especially when they are fed on those oilcakes. Mulch of dung. Best thing to clean ladies‘ kid gloves. Dirty cleans. Ashes too. Reclaim the whole place. Grow peas in that corner there. Lettuce. Always have fresh greens then. Still gardens have their drawbacks. That bee or bluebottle here Whitmonday.
He walked on. Where is my hat, by the way?
[…]

james joyce, ‚ulysses‘, paris, 1922

Advertisements

horti in monasterio / „dicke bohnen, davon ein jeder bürger westphalens und bauer mit stoppeligem bart jedes jahr pflanzt an eine größere menge“ & „der blau-grüne kohl, der auch übersteht eines langen winters grimmige kälte“

horti in monasterio*

Ohne Regen auch müßte wohl hindorren jegliche Gartenpracht, könnten nicht bilden sich riesige Anger im weiten Kreis um die Mauern von Städten, gäb‘ es kein Wachstum mit üppigem Reichtum an duftenden Pflanzen.
Hier würd‘ es nicht geben mehr rankenden Erbsen [pisum] und milde Schwertbohnen, Mangold [beta] und Rettich [raphanus], auch nicht Salat [lactuca] und Teltower Rübchen [rapulla] nebst Malven [malva]. Vor allem nicht gäb’s dicke Bohnen [faba], davon ein jeder Bürger Westphalens und Bauer mit stoppeligem Bart jedes Jahr pflanzt an eine größere Menge. Kaum in die Erde gelegt, würd‘ ohne Regen verkümmern der Keim. Und nirgends mehr würde noch wachsen der blau-grüne Kohl [brassica], der auch übersteht eines langen Winters grimmige Kälte und ein wahres Geschenk ist für Menschen, Rinder und Schweine ***.

fabio chigi, philomathi musae juveniles **

tom_ring_hogenberg_detail_200 * gärten und gartenhäuser vor den toren der stadt münster.

*     hermann tom ring ‚westvaliae metropolis monasterium‘, kupferstich von remigius hogenberg, 1570.

**   ‚des philomathus jugendgedichte‘, kapitel LXXXIX (IIg) ‚der münsterische regen: der autor endschuldigt sich beim stadtarzt bernhard rottendorff und begründet ihm gegenüber, weshalb er münster die heimatstadt des regens genannt habe‘. übersetzung von hermann hugenroth. fabio chigi hielt sich von 1644 – 49 als gesandter des papstes bei den verhandlungen zum westfälischen frieden in münster auf. 1655 wurde er – als alexander VII. – zum papst gewählt.

*** eine westfälische anm.: schweine = schinken !!! „… westfälischer Schinken, von Streifen weißen Fetts durchzogen wie ein Abendhimmel“ (rainer maria rilke). westfalen = „Vaterland des Schinkens“ (heinrich heine). westfälisches abendmahl‚. bei soviel gemüse musste diese anm. sein…

„le plus pressé, c’était le jardin“ oder landlust im 19. jh. / ‘bouvard et pécuchet’ von gustave flaubert

„Nous y voilà donc! Quel bonheur! Il me semble que c’est un rêve!“

Bien qu’il fût minuit, Pécuchet eut l’idée de faire un tour dans le jardin. Bouvard ne s’y refusa pas. Ils prirent la chandelle, et l’abritant avec un vieux journal, se promenèrent le long des plates-bandes. Ils avaient plaisir à nommer tout haut les légumes: „Tiens! des carottes! Ah! des choux.“

Ensuite, ils inspectèrent les espaliers. Pécuchet tâcha de découvrir des bourgeons. Quelquefois une araignée fuyait tout à coup sur le mur; – et les deux ombres de leur corps s’y dessinaient agrandies, en répétant leurs gestes. Les pointes des herbes dégouttelaient de rosée. La nuit était complètement noire; et tout se tenait immobile dans un grand silence, une grande douceur. Au loin, un coq chanta.

[…]

Puis ils se mirent à la croisée, pour voir le paysage.

On avait en face de soi les champs, à droite une grange, avec le clocher de l’église, – et à gauche un rideau de peupliers.

Deux allées principales, formant la croix, divisaient le jardin en quatre morceaux. Les légumes étaient compris dans les plates-bandes, où se dressaient, de place en place, des cyprès nains et des quenouilles. D’un côté, une tonnelle aboutissait à un vigneau, de l’autre un mur soutenait les espaliers; – et une claire-voie, dans le fond, donnait sur la campagne. Il y avait au delà du mur un verger, après la charmille un bosquet, derrière la claire-voie un petit chemin.

[…]

Les deux Parisiens désiraient faire leur inspection, […]

Ils s’en revinrent par la cavée, sous une avenue de hêtres. La maison montrait, de ce côté-là, sa cour d’honneur et sa façade.

[…]

Les quatre chambres au premier s’ouvraient sur le corridor qui regardait la cour. Pécuchet en prit une pour ses collections; la dernière fut destinée à la bibliothèque; et comme ils ouvraient les armoires, ils trouvèrent d’autres bouquins, mais n’eurent pas la fantaisie d’en lire les titres. Le plus pressé, c’était le jardin.

Bouvard, en passant près de la charmille, découvrit sous les branches une dame en plâtre. Avec deux doigts, elle écartait sa jupe, les genoux pliés, la tête sur l’épaule, comme craignant d’être surprise. – „Ah! pardon! Ne vous gênez pas!“ Et cette plaisanterie les amusa tellement que vingt fois par jour pendant plus de trois semaines, ils la répétèrent.

Cependant, les bourgeois de Chavignolles désiraient les connaître – on venait les observer par la claire-voie. Ils en bouchèrent les ouvertures avec des planches. La population fut contrariée.

Pour se garantir du soleil, Bouvard portait sur la tête un mouchoir noué en turban, Pécuchet sa casquette; et il avait un grand tablier avec une poche par devant, dans laquelle ballottaient un sécateur, son foulard et sa tabatière. Les bras nus, et côte à côte, ils labouraient, sarclaient, émondaient, s’imposaient des tâches, mangeaient le plus vite possible, – mais allaient prendre le café sur le vigneau, pour jouir du point de vue.

S’ils rencontraient un limaçon, ils s’approchaient de lui, et l’écrasaient en faisant une grimace du coin de la bouche, comme pour casser une noix. Ils ne sortaient pas sans leur louchet, – et coupaient en deux les vers blancs d’une telle force que le fer de l’outil s’en enfonçait de trois pouces. Pour se délivrer des chenilles, ils battaient les arbres, à grands coups de gaule, furieusement.

Bouvard planta une pivoine au milieu du gazon – et des pommes d’amour qui devaient retomber comme des lustres, sous l’arceau de la tonnelle.

Pécuchet fit creuser devant la cuisine, un large trou, et le disposa en trois compartiments, où il fabriquerait des composts qui feraient pousser un tas de choses dont les détritus amèneraient d’autres récoltes, procurant d’autres engrais, tout cela indéfiniment; – et il rêvait au bord de la fosse, apercevant dans l’avenir, des montagnes de fruits, des débordements de fleurs, des avalanches de légumes. Mais le fumier de cheval si utile pour les couches lui manquait. Les cultivateurs n’en vendaient pas; les aubergistes en refusèrent. Enfin, après beaucoup de recherches, malgré les instances de Bouvard, et abjurant toute pudeur, il prit le parti „d’aller lui-même au crottin!“

[…]

Puis les mauvais jours survinrent, la neige, les grands froids. Ils s’installèrent dans la cuisine, et faisaient du treillage; ou bien parcouraient les chambres, causaient au coin du feu, regardaient la pluie tomber.

Dès la mi-carême, ils guettèrent le printemps, et répétaient chaque matin: – „Tout part.“ Mais la saison fut tardive; et ils consolaient leur impatience, en disant: – „Tout va partir.“

Ils virent enfin lever les petits pois. Les asperges donnèrent beaucoup. La vigne promettait.

Puisqu’ils s’entendaient au jardinage, ils devaient réussir dans l’agriculture; […]

gustave flaubert, ‚bouvard et pécuchet‘, posthum veröffentlicht, paris, 1881.